COURTE PLANCHE SUR L'EGO
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| Louis Lavelle, L'Erreur de Narcisse |
Chère Madame, j’ai bien reçu votre livre, votre Virgile utilise souvent le «je» et pour ma part je préfère le «il y a » 1. C’est ainsi qu’Albert Einstein répondit à l’une de ses nombreuses correspondantes.
Dans l’absolu tout est dit dans la phrase du célèbre physicien. En quelques mots il décrit l’objectif de l’égo. C’est-à-dire de le magnifier.
L’égo signifie : « je » ou « moi » 2 . Il est un «rouage» du fonctionnement de pensée, il permet à l’Homme de connaître sa propre réalité, sa conscience et aussi de jauger ce qu’il croit être.
Depuis que l’Homme est Homme, l’égo est né comme une protection de la pensée, mais ce qui devait nous protéger peut, lorsqu’il devient surdimensionné, devenir une prison.
Louis Lavelle écrit ceci : il y a une émotion qui est inséparable de la rencontre de tout homme qui est sur notre chemin. Et, c’est une émotion pleine d’ambiguïté, mêlée de crainte et d’espérance. Que se passe-t-il derrière ce visage qui ressemble au nôtre et que nous voyons, tandis que nous ne voyons pas le nôtre ? Nous annonce-t-il la paix ou la guerre ? Va-t-il envahir l’espace où nous agissons, resserrer les limites de notre existence et nous chasser pour s’y établir ? Vient-il au contraire élargir notre horizon, prolonger notre propre vie, accroître nos forces, seconder nos désirs , créer avec nous une communication spirituelle qui nous arrache de notre solitude, introduire dans le dialogue que nous poursuivons avec nous-même, un interlocuteur véritable, qui n’est plus l’écho de notre propre voix et nous faire entendre enfin une révélation nouvelle et inattendue ? 3
Cette dernière question de Lavelle est très intéressante car il fait allusion à l’histoire d’amour tragique entre Narcisse et Echo : Narcisse parla à Écho, et la malheureuse ne put que répéter les dernières paroles de celui qu'elle aimait. Le jeune homme, lassé, abandonna bien vite la nymphe 4. Elle finira sa vie prostrée dans une grotte. Quant à Narcisse, il vit son reflet dans l'eau claire d'une source, et il en tomba amoureux. Face à cette passion sans espoir, il préféra se suicider en plongeant un un poignard dans sa poitrine.
Ce mythe inspirera Molière
dans le Misanthrope, Alceste l’orgueilleux qui se protégeait dans
sa carapace de la société, tomba amoureux de la sociale et mondaine
Célimène.
L’égo sublimé serait le mythe de
Philémon et Baucis : Ce couple de personnes très âgées qui
ont donné tout ce qu’ils avaient à des voyageurs inconnus. Ces
voyageurs s’appelaient Zeus et Hermès. Pour récompenser les
vieillards, ils réalisèrent leur souhait : ne pas être
séparés après leur mort. Ils furent changer en arbres, Philémon
en chêne et Baucis en un tilleul.
L’ego harmonieux, c’est connaître sa valeur, en reconnaissant aussi celle des autres.
Il se révèle à travers , les autres. Les autres veut dire, ses proches, une confraternité, la société.
Mon
œil, dit Platon, s’aperçoit dans la pupille d’un
autre œil. Ce sont les autres qui me révèle à moi-même. Je fais l'épreuve de ce que je pense et de ce que je sens sur les pensées et sur les sentiments qu'ils ne cessent de me montrer et, pour ainsi dire, de me proposer.
J'ai dit

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