LE SOLSTICE D'HIVER UNE FÊTE ENRACINÉE DANS LA CIVILISATION EUROPÉENNE

Solstice d'hiver

Le solstice d’hiver est arrivé. Appelé JUL (ou YULE) dans la tradition nordique, et consacré au dieu Odin/Wotan, c’est une fête enracinée dans la civilisation européenne. Cette fête sera reprise par la suite par l’Église pour en faire Noël, le 25 décembre date à laquelle s’achevaient les Saturnales de la Rome antique. Une date choyée puisque l’on célébrait également à d’autres endroits Sol Invictus, le soleil invaincu ou encore la naissance du dieu Mithra.

Les rites et festivités liés au solstice d’hiver, qu’ils se rattachent à l’antique tradition romaine ou aux racines germano-nordiques de la célébration, honorent tous la renaissance progressive de la lumière et de la vie, à partir du point le plus obscur de l’année. La période du solstice d’hiver, comprise approximativement entre le 21 et le 25 décembre, est en effet celle où la nuit est la plus longue, et le jour le plus court. Il s’agit donc de célébrer le réveil annoncé de la nature et de la vie, dans le mouvement cyclique des alternances entre la mort et la vie, la rotation éternelle du cycle des saisons, symbolisée notamment par la roue solaire. 

Noël signifie la Neue Helle, autrement dit la « Nouvelle Clarté ». Elle marque donc le début, à partir du solstice d’hiver, d’un lent processus de renouveau de la lumière, des forces de la vie et de la nature endormies, le soleil commençant très progressivement à briller chaque jour un peu plus longtemps à compter de cette date. C’est dans cette même optique de célébration de l’espoir de la renaissance que se sont popularisées via les traditions germano-nordique comme romaine les décorations à base de branches et de feuilles de houx, de sapins, ces plantes qui demeuraient toujours vertes et qui incarnaient donc le renouveau à venir. Les couronnes de l’Avent, constituées de branches vertes tressées en forme de cercle, participent de la même symbolique, représentant la plante qui reste verte associée au cercle du cycle des saisons et des renaissances, véritable forme simplifiée de la roue solaire, en l’honneur du soleil invaincu et renaissant. 

Procède aussi bien entendu du même symbolisme païen l’arbre de Noël, tradition évidemment héritée des anciens usages germaniques et nordiques, tout comme celle de la bûche. Le sapin, en sus d’être toujours vert et d’incarner les principes de vie et de renaissance, s’apparente aussi à l’Irminsul des anciens Germains continentaux, ainsi qu’à l’Yggdrasil des anciens Scandinaves. Il est arbre de vie et axis mundi, axe du monde qui soutient et relie les divers plans de l’univers. Le sapin de Noël se fait ainsi image de l’arbre cosmique, et s’inscrit donc dans une représentation du sacré dont le sens échappe aujourd’hui au plus grand nombre. 

Quant à la figure mythique du Père Noël, si chère à l’imaginaire enfantin, elle est en fait issue d’un subtil mélange entre trois personnages mythologiques : le dieu Wotan/Odin, la déesse Freyja, deux divinités pourvoyeuses symbolisant l’abondance et la fertilité, et le Saint Nicolas chrétien. 

Noël ne constitue pas une célébration d’essence chrétienne. Dans les premiers siècles de l’Église, la Nativité – c’est à dire la naissance de Jésus-Christ – fut tour à tour fixée au 6 janvier, date de l’Épiphanie grecque à Alexandrie, puis au 13 janvier, au 2 avril, au 20 avril, au 28 mars, au 21 mai, au 18 novembre… 

Aujourd’hui encore, certaines églises chrétiennes, notamment celles d’Orient comme celles d’Arménie et de Syrie, rejettent le dogme dominant. Ce n’est en effet que tardivement, à la fin du IIIème siècle de l’ère chrétienne, que l’on fixa la date de naissance du Christ au 25 décembre, coïncidant avec la fin des Saturnales romaines, que l’Église s’était employée à éradiquer sans véritablement y parvenir. L’ensemble de cette période fut dès lors désignée comme l’Avent, précédant la fête de Noël proprement dite. 

NDLR : le texte, et une partie des explications provient du site « l’étoile noire » et de Breizh-info